Et si le sommeil était un apprentissage?

Je vous ai déjà parlé des questions du sommeil et de l’endormissement de nos enfants à Haut Potentiel !

Je prends la plume aujourd’hui, ou plutôt je me mets devant mon clavier, car cette semaine, une chose importante dans la construction de mon fils a eu lieu : il va avoir 7 ans dans un peu plus d’un mois et il s’endort désormais seul dans son lit et sans difficulté !!

Je vous propose de vous montrer par quelles étapes nous sommes passés pour arriver à ce résultat, en espérant que ça vous inspirera pour trouver vos solutions avec vos enfants.

sommeil enfant haut potentiel

De la naissance à 4 ans

Le sommeil a toujours été une affaire compliquée pour mon fils.

Dès le retour de la maternité, les nuits étaient… cauchemardesques ! Il dormait peu, pleurait beaucoup…

J’ai mis plusieurs mois à me décider à pratiquer le cododo. Je vais être honnête avec vous, à l’époque, ce n’est pas uniquement la volonté de mettre en place une éducation respectueuse des besoins de mon bébé qui m’a poussé à prendre cette décision ! J’ai d’abord pris cette décision pour pouvoir retrouver quelques heures de sommeil par nuit, épuisée de me lever 4 ou 5 fois dans la nuit sans parvenir à me rendormir !

Mais petit à petit, j’ai compris que mon fils avait réellement besoin de ce contact chaud et rassurant pour s’endormir, de la sécurité de mes bras pour se laisser aller au sommeil.

Petit à petit les réveils et les véritables crises nocturnes se sont espacées. Aidé par un traitement pour contrer les effets d’un reflux et apaisé par les manipulations d’un ostéopathe, mon fils dormait légèrement mieux. L’endormissement pourtant restait difficile. Mon fils était alors pris de crises d’angoisses ou de paniques à l’idée de se séparer de moi. Je restais donc avec lui jusqu’à ce qu’il trouve le sommeil, en le serrant dans mes bras mais sans aucune autre stimulation. J’avais tenté les veilleuses, les berceuses, les lumières, rien ne fonctionnait car tout ce qui attirait son attention le maintenait réveillé.

C’est donc allongé contre moi, entre mes bras que mon enfant à appris à s’endormir.

C’est exactement ça : j’ai eu rapidement le sentiment que le sommeil n’était absolument pas quelque chose de naturellement nécessaire pour cet enfant mais qu’il allait être le fruit d’un apprentissage, d’un long apprentissage !

J’étais maintenant convaincue qu’il était nécessaire que je réponde aux besoins de mon enfant (en l’occurrence son besoin de sécurité) et j’ai donc vécu le cododo non plus comme une contrainte mais comme ma façon de respecter à la fois le besoin de sécurité de mon fils et mon propre besoin de sommeil.

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Le sommeil de mon enfant à Haut Potentiel aux alentours des 4 ans

Quelque chose était en train de se passer dans notre relation. Samuel devenait agressif, violent même parfois. Il exprimait tous les jours, dans chacun des moments de notre vie quotidienne, son envie de grandir. C’est en observant ses comportements, en cherchant à comprendre quels messages il cherchait à me faire passer par ses comportements que j’ai compris son envie de se séparer un peu plus de moi, de grandir. Mais nos enfants à Haut Potentiel sont bien souvent plein d’ambivalence. Il avait autant envie de grandir, de prendre des décisions que de rester accroché à moi à d’autres moments.

Pour répondre à ce besoin d’autonomie, j’ai proposé à Samuel de rejoindre sa chambre et son lit. Je me souviens parfaitement de son regard à la fois heureux de s’imaginer grand, seul dans son lit et terrifié d’avance à l’idée de ne pas y arriver. Comme pour tous ses apprentissages, Samuel n’aime pas la nouveauté, il commence toujours par la redouter. Cette peur est profondément ancrée en lui. Il ne s’agit pas d’une simple peur de la noubeauté, non c’est plutôt la peur de ne pas être à la hauteur de cette nouveauté, la peur d’échouer en lien avec une angoisse de performance bien difficile à désamorcer…

Il a fallu que je sois moi-même clairement déterminée à lui offrir cette occasion de grandir. Je suis convaincue que mon fils, comme sans doute beaucoup d’autres enfants, sent mes failles et si je ne suis pas profondément convaincue de ce que je lui propose ou demande, alors toutes mes actions sont vouées à l’échec !

Mais j’étais prête. J’avais reconnu en moi cette envie de le garder avec moi, par habitude, par plaisir aussi mais mon rôle de maman me demandait de faire passer mon plaisir après son besoin de détachement. Nous avons donc décidé ensemble d’une routine pour que Samuel se sentent toujours en sécurité pendant cette expérience. C’est de cette façon que je propose de nouvelles choses à mon fils, en termes « d’expériences » qui ne figent pas les choses mais laissent de la place pour des portes de sorties. Il était clair que je pensais qu’il était temps pour lui d’investir son lit et sa chambre mais il fallait trouver un compromis qui lui permette de garder la maîtrise de tout cela. Comme beaucoup d’enfant à Haut Potentiel, Samuel a besoin de maîtriser les choses pour être à l’aise, j’en ai donc tenu compte.

Nous avons décidé qu’il pourrait choisir un jour dans la semaine pour revenir dormir avec moi. Les autres soirs, notre routine était la suivante : pause pipi, brossage des dents, lecture d’une histoire puis je restais allongée à côté de lui, le serrant dans mes bras jusqu’à ce qu’il s’endorme. Il s’avait qu’il pouvait m’appeler à tout moment de la nuit s’il avait besoin de moi.

Au début, il m’appelait de une fois par nuit pour l’aider à se rendormir, suite à une phase d’éveil. Je remontais dans son lit ( son lit est en mezzanine !!) et l’aidait à se rendormir avant de regagner ma chambre.

Petit à petit Samuel ne m’a plus appelé la nuit que pour des cauchemars.

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Vers 6 ans

Aux alentours de ses 6 ans, j’ai senti qu’il était désormais capable de franchir d’autres étapes dans son apprentissage. Avec son accord, nous avons convenu qu’il commençait à être grand pour dormir avec moi une fois par semaine et que nous allions garder ces moments privilégiés pour des occasions spéciales ou juste pour le plaisir de temps à autre.

Parallèlement à cela, nous avons commencé à écouter chaque soir un conte hypnotique. L’idée était de lui permettre d’investir un autre support apaisant que moi. Nous avons écouté chaque soir le conte des chevaliers. Samuel a même rapidement retenu l’histoire par cœur et aimait le dire en même temps que le narrateur !!

C’est de cette façon que j’ai pu tout doucement le laisser seul, au bord du sommeil…

Enfin, il n’était pas vraiment seul ! Ses deux minettes ont toujours dormi avec lui et c’est donc avec la plus âgée au pied de son lit et la plus jeune au-dessus de sa tête et dans un demi-sommeil que je le quittais. L’assurance que je repassais le voir d’abord au bout de 5 minutes puis au bout de 10 minutes suffisait à le rassurer.

Comment j'ai pris mes décisions

Entendons nous bien, je ne vous dis pas que c’est de cette façon que vous devez procéder avec votre enfant ! Chaque enfant a son propre rythme, ses propres besoins et chaque famille également.

L’idée ici était de vous montrer les étapes par lesquelles je suis passée avec mon fils pour lui apprendre à s’endormir paisiblement et à ne plus craindre le lâcher prise que suppose le sommeil.

Ce que j’ai fait pour prendre mes décisions :

  • Observer attentivement les comportements de mon enfant 
  • Émettre des hypothèses sur les messages qu’il tente de me faire passer par ses comportements
  • Mettre en place des actions qui répondent à ces messages et qui respectent également mes propres besoins
  • Continuer d’observer finement les comportements pour suivre l’évolution de mon enfant
  • L’associer à la prise de décision dès que cela est possible

Et vous? Par quelles étapes êtes vous passés pour permettre à votre enfant de s’endormir paisiblement? Dites le moi dans la zone de commentaire !!

6 Réponses à “Et si le sommeil était un apprentissage?

  • Bonjour
    Je ne suis pas sur que les problèmes de sommeil soient liés au Haut Potentiel. Je pense que certains enfants ont plus de mal à dormir que d’autres.
    Ma fille a été diagnostiquée précoce à 7 ans pourtant elle n’a jamais eu aucun souci pour s’endormir. A part les 2 première nuits à la maternité qui ont été difficiles, mais je me doute que c’est pour tout le monde, le sommeil n’a jamais posé problème pour elle. Elle a fait ses nuits des le retour de la maternité (23h-5h) puis à 1 mois c’était 22h-7h, le rêve ! !! Et elle a toujours dormi dans sa chambre. Même à la période des cauchemars elle nous appelait ou venait nous voir mais se rendormait toujours dans son lit.
    Nous avons d’autres soucis liés au Haut Potentiel, mais pas celui-là.

    • Bonsoir, vous avez raison, tous les enfants à Haut Potentiel n’ont pas tous les mêmes difficultés. Fort heureusement, ils conservent leur individualité. Certains ont donc des difficultés avec le sommeil, d’autres non, certains ont des troubles dys, d’autres non… ceci est vrai pour toutes les difficultés que nous rencontrons avec nos enfants, il ne s’agit pas ici de faire des généralités.

  • Fabre Valérie
    6 moispassé

    Je me vois dans votre description de parcours de votre enfant. J’ ai dormi avec chacun de mes 4 enfants car je sentais leur angoisse la nuit leur difficultés d endormissement. Puis comme vous ils ont regagner leur chambre quand je les sentais prêt. Mais je attendais qu ils s endorment avant de quitter leur chambre. Chacun a moment donné m à fait comprendre qu il voulait essayer sans moi. Aujourd’hui mon 7ans alterne entre ma chambre et la sienne.

    • Bonjour, comment avez- vous géré l’endormissement des 4 enfants en même temps ? Dormaient-ils tous dans la même chambre ?

  • Votre description me rassure, maman d’un enfant de 2 ans, la pédiatre me parle de précocité, je dois l’endormir tous les soirs et ses nuits sont très courtes, 22h ou 23h jusqu’à 8h et sans siestes. le fait de comprendre pourquoi m’aide à accepter que je n’ai pas pu profiter de mes soirées depuis sa naissance. Ca m’aide aussi à relativiser tous les conseils et remarques de mon entourage sur mon incapacité à rassurer ou poser un cadre à mon enfant. Je vais prendre mon mal en patience, suivre son rythme et l’accompagner doucement vers l’autonomie.

  • Bonjour, mon grand de bientôt 10 ans enfants à haut potentiel révélé l’an passé mais su depuis longtemps par maman n’avait pas de problème de sommeil bébé mais étant prématuré la séparation avec moi il l’à connue tôt.. Par contre depuis environ 3 ans c’est plus compliqué. Beaucoup de difficultés à l’endormissement. Le mieux c’est quand il fait du sport avant. Il faut sinon que l’on arrive à passer beaucoup de temps avec lui mais il y a son petit frère de 8 ans qui dort bien mais agité et sa petite soeur de 2 ans… L’homéopathie l’aide aussi ou des exercices de yoga dans l’idéal. Les histoires il préfère se les lire maintenant.
    Dans ce que vous raconter sur votre fils je retrouve ma petiote reflux dodo contre maman. Ostéopathe. Au sein pendant longtemps cela nous a sauvé. Très éveillée. Peu de dodo en journée ou sur maman en echarpe. Même maintenant l’endormissement est difficile. Dans notre chambre un petit lit collé au notre la main sur son dos. Malgré çà sommeil très agité. Parfois une nuit sans réveils… Elle a pourtant l’air de vouloir aller dormir avec ses frères. Il y a une place qui l’attend sous notre cadet. Nous allons certainement tester bientôt tout en gardant son petit lit avec nous…

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