La colère des parents : un incroyable cadeau !

Je vous ai parlé il y a quelques temps déjà de la colère des enfants et de mes outils issus de l’éducation positive pour les accompagner le mieux possible.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de notre colère, à nous, les parents !

Je suis certaine que comme moi, bien qu’engagée dans une parentalité positive, la colère s’empare parfois de vous face aux comportements de vos enfants !

 Bonne nouvelle, vous êtes vivants !!

J’ai récemment lu que la parentalité positive supposait de se couper de ses émotions pour se mettre au service de nos enfants.

 Quelle erreur !! La parentalité positive demande au contraire d’être connectée à nos émotions, d’en avoir conscience, non pas pour les réprimer mais pour les exprimer de manière efficace, de telle manière que cela va augmenter nos chances de satisfaire nos besoins.

Il est tout à fait normal de sortir de ses gonds, d’être épuisée, de se sentir vaciller etc… même quand on pratique et qu’on croit aux vertus de l’éducation bienveillante.

A mon sens, ce qui est différent est la manière dont nous nous servons de ces signaux, comment nous entendons notre ras le bol, ce qu’on peut en faire pour mettre tout cela au service d’un mode d’éducation positif.

Alors oui, même si vous rêvez d’être le parent le plus bienveillant du monde, vous allez parfois éprouver de la colère envers votre enfant et c’est normal !

Je vous propose même de voir comment la colère que l’on ressent peut-être un formidable cadeau !

 

gestion de la colère

La colère est un cadeau !

Plutôt que de considérer notre colère comme un ennemi, comme une émotion négative, je vous propose de la considérer comme un cadeau.

La colère devient alors l’occasion de nous relier à nos besoins insatisfaits qui en sont la cause.

On nous conseille souvent de l’évacuer. Mais ce n’est pas suffisant, il nous faut entrer en elle plus profondément pour en comprendre le mécanisme et en faire notre alliée, pour en faire un outil qui va nous permettre d’augmenter nos chances de satisfaire nos besoins, d’obtenir ce que nous voulons vraiment.

 

Gestion de la colère en 4 étapes

1.      Prendre conscience que le déclencheur ou le stimulus n’est pas en cause !

Et oui, ce n’est pas ce que notre enfant fait qui déclenche notre colère.

La première étape va donc consister à répondre à la question suivante :

« Qu’est-ce que mon enfant fait ? » Essayez de répondre à cette question sans jugement, sans évaluation, juste en décrivant des actes.

Oui, vous avez raison, le déclencheur est bien ce que votre enfant fait et ce que vous voudriez qu’il fasse autrement. Mais ce n’est pas ce qui est à l’origine de notre colère…

 

2.      Prendre conscience que c’est notre évaluation, sous forme de jugement moraux sur les autres qui provoque notre colère

Notre colère n’est en vérité jamais provoquée par le comportement de l’autre mais par la façon dont nous le percevons.

La cause de nos colères, c’est en fait nos pensées, nos jugements. Pour vous aider, je vous invite à formuler les choses de cette façon :

« Je suis en colère parce que je me dis que… »

 

3.      Rechercher le besoin insatisfait à l’origine de la colère

Nous nous mettons en colère parce nos besoins ne sont pas satisfaits.

            Exemples :

Vous êtes par exemple en colère après votre enfant parce qu’il n’a pas rangé sa chambre : votre besoin d’ordre n’est pas satisfait.

Vous êtes en colère après lui parce qu’il vient de mettre des miettes dans tout le salon alors que vous veniez de terminer le ménage. Il est possible que votre besoin de considération ne soit pas satisfait…

Le problème, c’est que nous ne sommes en général pas connectés à nos besoins. Le modèle de l’éducation traditionnelle dont nous sommes pour la plupart d’entre nous issus ne nous a pas appris à connaître et reconnaître nos besoins.

Nous avons plutôt comme habitude de faire appel à notre mental pour nous concentrer sur ce qui ne va pas chez l’autre !

Il est important de prendre conscience que les jugements que nous portons sur les autres (sur nos enfants mais aussi notre conjoint, notre belle mère etc…) sont en fait l’expression déformée de nos besoins insatisfaits.

Pourtant, notre expérience nous montre que les jugements diminuent nos chances de satisfaire nos besoins. Quand nous jugeons les autres, ils ont le réflexe de se mettre sur la défensive.

Bien sûr, il est possible que nous obtenions tout de même ce que nous voulons. Peut-être que votre enfant finira par ranger sa chambre ou faire ses devoirs etc… mais il le fera dans l’énergie de la peur d’être sanctionné, de la culpabilité ou encore la honte

Je peux vous assurer que nous allons à un moment ou un autre payer le prix de cette énergie !

Et puis il est nettement plus agréable d’obtenir la coopération de nos enfants, une collaboration volontaire soumise à aucun chantage d’aucune sorte.

Pour arriver à obtenir la collaboration de nos enfants, nous devons apprendre à exprimer clairement nos besoins. Cette démarche augmente considérablement nos chances de voir les autres répondre à nos souhaits avec l’élan du cœur.

 

 » Lorsque nous sommes reliés à nos besoins, la colère n’a simplement plus lieu d’être ! Notre colère n’est pas réprimée, elle est transformée en sentiment au service de nos besoins »

 

Contrairement à ce que je lis parfois des détracteurs de la parentalité positive, celle-ci ne nous apprend pas à taire nos émotions. Aux contraire, l’éducation positive nous invite à considérer nos émotions comme des signaux de nos besoins insatisfaits.

Comme nous l’apprend M.Rosenberg, père de la Communication Non violente, ces 3 étapes se font en introspection, elles ne sont pas verbalisées, ce sont des prises de conscience.

Je vous invite la prochaine fois que vous ressentirez de la colère envers votre enfant à prendre une grande respiration ou même à vous isoler un moment pour vous poser ces 3 questions :

  • Que fait-il vraiment ?
  • Complétez cette phrase « Je suis en colère parce que je pense que… »
  • De quel besoin insatisfait me parle ma colère ?

 

4.      Engager le dialogue

Ce n’est qu’après ces 3 étapes que nous pouvons désormais engager le dialogue d’une manière qui va augmenter nos chances d’obtenir des résultats !

Nous allons maintenant verbaliser :

  • Ce qui a déclenché notre colère = le comportement que votre enfant a eu et qui n’était pas en accord avec vos besoins
  • Ce que nous ressentons = la transformation de notre colère en sentiment
  • Notre besoin non satisfait
  • Une demande claire adressée à l’autre en rapport avec nos sentiments et nos besoins insatisfait.
gestion de la colère

Devenir une maman ou un papa bienveillant est tout sauf se couper de ses émotions. Par contre, il est important de savoir quoi faire de ces émotions, comment les reconnaître mais les utiliser pour les mettre au service d’une éducation positive pour nos enfants.

Pensez-y, les enfants apprennent beaucoup par imitation, par imprégnation. Si vous souhaitez les aider à mieux vivre et mieux exprimer leurs colères, vous les aiderez beaucoup en leur montrant l’exemple !

Découvrez dès maintenant mes conseils pour que votre enfant vous écoute enfin en cliquant sur l’image ci-dessous :

Une réponse à “La colère des parents : un incroyable cadeau !

  • En effet, être un parent bienveillant, ce n’est pas se couper de ses émotions. Ce serait d’autant plus un piège pour l’enfant que celui-ci risquerait d’imaginer qu’il doit apprendre à ne plus ressentir ou imaginer avoir un parent parfait donc impossible à surpasser. Merci pour cet article.

Laissez moi votre commentaire !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

error: